Le traitement du prolapsus

La pathologie dont vous souffrez est un prolapsus (descente d’organes), plus ou moins important, de la vessie, de l’utérus, du vagin ou du rectum. Sa prise en charge n’est pas forcément chirurgicale, cela va dépendre de l’importance de votre gêne, qu’elle soit anatomique ou fonctionnelle.

Souvent, une rééducation préalable des muscles du périnée aura été prescrite d’ailleurs par votre médecin traitant ou votre gynécologue. Si celle-ci s’est avérée inefficace ou insuffisante, alors, une chirurgie peut être utile.

Cette pathologie ne menaçant pas votre vie, il n’y a pas d’urgence à réaliser une chirurgie, l’opération visant surtout à améliorer votre confort.


Les arguments des chirurgiens, pour opérer ou non, seront clairement établis en fonction de l’examen clinique et de l’interrogatoire.
Le chirurgien vous donnera tous les éléments pour vous aider à prendre la décision mais au final c’est vous qui serez amenée à décider de vous faire opérer ou non. En effet c’est vous qui percevrez le mieux si cette chirurgie est vraiment justifiée.

Le Docteur MUET a mis en place une prise en charge multidisciplinaire de cette pathologie. Plutôt que l’un ou l’autre des spécialiste prenne, seul, en charge cette pathologie complexe de plusieurs organes, il lui a semblé plus bénéfique pour la patiente d’agir ensemble, avec les autres spécialistes, afin de réunir les compétences.
En cas de chirurgie, celle-ci se fera donc en binôme avec un chirurgien urologue (voire en trinôme, suivant les cas, avec également un chirurgien digestif).

Quelle peut être votre gêne ? :

La gêne ressentie peut être très différente d’une personne à l’autre pour un même degré de prolapsus. Elle peut être :

  • Anatomique : sensation de « boule », de « corps étranger » dans le vagin.
  • Digestives : constipation, difficultés d’évacuation des selles (exonération) nécessitant parfois des manœuvres de facilitations (réintroduction de la boule, appuis ou pression autour de l’anus…)
  • Urinaires : envie fréquente d’uriner (pollakiurie), nécessité de pousser ou d’attendre pour uriner (dysurie), envies impérieuses, fuites à l’effort.
  • Sexuelles : la gêne anatomique est rare, elle est plus souvent de nature psychologique. Il peut exister cependant une gêne liée à une sécheresse vaginale lorsque le prolapsus est extériorisé.

Le bilan préopératoire

Vous serez amenée à rencontrer le chirurgien urologue pour un examen spécifique : le bilan urodynamique (cf. fiche jointe) qui permettra d’évaluer votre fonction vésicale.
Une échographie pelvienne sera réalisée également afin de vérifier l’absence de pathologie utérine ou ovarienne qui nécessiterait une prise en charge spécifique avant l’intervention.
Il faudra aussi un frottis cervico-vaginal récent pour éliminer toute pathologie au niveau du col utérin.

La cure chirurgicale du plancher pelvien défaillant par cœlioscopie.

L’opération que nous vous proposons peut associer, de manière variable, selon vos particularités, les temps opératoires suivants pour lesquels nous vous décrivons les gestes effectués et les inconvénients qui peuvent se produire.

La Promontofixation

Elle consiste à fixer une ou deux plaques (prothèses) de tissu synthétique, en avant entre le vagin et la vessie et en arrière entre le rectum et le vagin. Celles-ci sont réunies sur le col de l’utérus ou sur le fond vaginal puis accrochées à un ligament solide qui se trouve en avant de la colonne vertébrale, de manière à suspendre les organes.
Cette opération se fait par cœlioscopie, la plupart du temps avec assistance robotique (Voir la cœlioscopie robot assistée).
Si en cours d’intervention la voie d’abord cœlioscopique n’est pas réalisable, nous serons amenés à faire une incision complémentaire (laparotomie), et nous vous demandons l’autorisation préalablement.
Les complications, rares mais possibles, sont : infection de la cicatrice, infection urinaire, occlusion intestinale, infection du tissu étranger, saignements pouvant rarement nécessiter une transfusion, voire une nouvelle opération. Comme dans toute intervention chirurgicale, phlébite et embolie peuvent se produire malgré la prévention par les anticoagulants.

Hystérectomie et annexectomie

La promontofixation est le plus souvent associée à l’ablation des ovaires (annexectomie) et de l’utérus avec conservation du col (hystérectomie subtotale). Nous déciderons avec vous, selon votre âge et selon votre ressenti, de cette ablation éventuelle. Celle-ci, lorsqu’elle est réalisée, facilite le recouvrement des prothèses par le péritoine et réduit les adhérences intestinales.

La Bandelette sous-urétrale

Il s’agit d’un temps opératoire destiné à corriger l’incontinence avérée. Il consiste à mettre en place, par une incision vaginale, une bandelette qui entoure le canal de l’urètre pour le suspendre. Les inconvénients possibles sont une brèche de la vessie, en général sans conséquence, un saignement, une infection urinaire. Une difficulté à vider la vessie en postopératoire peut nécessiter que vous appreniez à vider vous-même votre vessie par sondage (après démonstration) pendant quelques temps. Si cela ne suffisait pas à passer le cap, une autre intervention pourrait être nécessaire. Parfois le bilan urodynamique peut révéler une situation à risque sans qu’une incontinence se révèle au départ de façon majeure. Dans ce cas, le suivi postopératoire, au-delà de quatre mois, permettra de déterminer la nécessité ou non d’un tel geste qui sera alors programmé dans un deuxième temps. Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter sur Internet les sites Urofrance.fr et Infogyn.com

Le déroulement de votre séjour à la clinique

Votre accueil à la clinique se fait la veille de l’intervention par l’équipe d’infirmières du service.
Le jour de l’intervention vous restez à jeun puisque ce geste nécessite une anesthésie générale d’environ quatre heures. L’intervention se déroule au bloc opératoire selon des règles d’hygiène très strictes.
Au retour de la salle d’opération, vous êtes, soit reconduite dans votre chambre, soit dans un service de surveillance continue (soins intensifs).
Le port d’une sonde urinaire est indispensable pendant 1 à 3 jours pour éviter le blocage urinaire.
Après l’opération nous vous demandons de ne pas porter de charges lourdes pendant un mois, d’éviter la constipation, la prise de poids, la toux qui sont des facteurs de dégradation du résultat chirurgical.
Vous serez revue de façon systématique par le Dr François MUET à deux mois de votre chirurgie afin de vérifier le bon déroulement des suites opératoires, puis à trois ou quatre mois de l’intervention par le chirurgien urologue pour vérifier le bon fonctionnement de la vessie

ALERTE, CE QUE VOUS DEVEZ SURVEILLER A VOTRE RETOUR A LA MAISON

  • La présence de douleurs ou des crampes abdominales intenses non soulagées par la prise d’analgésiques.
  • Un état général perturbé avec une température supérieure à 38°C et plus, à 2 reprises consécutives avec un intervalle de 4 heures entre chaque prise.
  • Une rougeur au niveau d’un mollet et une douleur qui augmente lors de la marche.
  • La présence de saignements abondants.
    Ex. : vous imbibez une serviette hygiénique ou plus par heure sur une durée de 4 à 6 heures consécutives.
  • La présence de pertes vaginales malodorantes et de couleur suspecte.

Si vous observez de tels signes, vous devez alors contacter rapidement
le Dr François MUET : 04 76 42 98 06
ou, si vous ne parvenez pas le joindre,
le gynécologue de garde de la Clinique Belledonne : 04 38 38 02 02